Sieste

C’est un jour à paresse, les heures trop chaudes et le corps qui colle. Pas d’horaire. Pas d’obligation. Une journée libre.

Seul murmure à l’âme, la moiteur de mon sexe qui réclame l’extase.

Le silence est ma musique, les voitures dans la rue, la vie qui s’échappe d’autres maisons, scénario éprouvé, tant de fois. D’habitude je fermerais la fenêtre, pour éviter à mes voisins mes soupirs languides. D’habitude, oui. Mais là… Avant la sieste, entre frustration et lubricité, entre élégance et vulgarité, je veux la vie, je veux les bruits, et je veux atteindre ce point rare où le monde s’efface.

Une main sur le sein, je pince le téton. Cette envie indécise me taraude depuis des mois. Chercher la frontière entre plaisir et douleur. Explorer les limites. Seule. Comme une répétition, un apprentissage de moi-même, un apéritif. Ensuite vous pourrez claquer cette main sur mon cul, à l’instant choisi, quand mon ventre réclame d’être plein, au pilon de votre sexe dans le mien. Claquez. Maintenant. Bientôt. Un jour.

Ce pincement, cette claque, ces audaces de l’instant sauvage. Et l’ordre ensuite, comme un couperet : ‘Léchez mon sexe. Ramassez ce foutre que vous y avez laissé. Avalez le sel.”

Seule j’ai toute les audaces. Par fantaisie, je vous contrains au bout du lit, à regarder mes doigts pétrissant mon sexe, pressant les ailes flamboyantes et la tête timide.  Je vous regarde, décalée, vous tendre de mon désir, vous relever sous mes yeux, charmeuse de serpent.

A bouche ouverte je vous avale, à m’étrangler d’envie, glissant la langue entre vos doigts et votre couronne. Votre main cherche mes cheveux, votre silence fait de grognements, jouez contre mon palais, maintenant.  Assis sur mes seins, mes doigts agrippant vos fesses, vous perdez pied, et toute décence.

Et mes hanches dansent, enfin. La fenêtre se tait, les yeux s’éblouissent. Il faut si peu, et si peu de temps pour exploser en solitaire. Soulagement des heures, sans l’éblouissement du plaisir partagé. Le jour sans fin, la tièdeur imparfaite. Je m’endors dans l’après-midi. A soir venu, vos pas dans l’escalier, la clé dans la porte, et mon sexe humide.

 

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